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| suite et fin !!!!!
bonne lecture
Nous effectuons un bref arrêt entre les 2 spéciales pour analyser l’intégrité physique des organes de freinage. De visu, et malgré tous les efforts que je fais pour passer mes pectoraux surdimensionnés sous la caisse, alors que mon ventre plat n’occasionne aucune gêne, le champ de vision reste réduit et je ne peux tirer de conclusion de ce rapide examen. Seule constatation, tout est en place !!
Il reste néanmoins que l’efficacité du freinage est extrêmement diminuée, et sa faible endurance, alors que nous venons de faire 16 kms de spéciale, nous impose le choix de la prudence pour la spéciale à venir : le col de murs.
Dans un style coulé et propre, sans prise de risque et en évitant la pression sur la pédale de freins, cette 10ème spéciale ne restera pas un grand moment pour nous, malgré le chrono qui reste correct : 6’00, seulement 2 secondes de perdues par rapport au premier tour.
J’ai désormais hâte de rejoindre le parc d’assistance et d’effectuer une introspection des pièces récalcitrantes, sur la dizaine de kilomètres à parcourir, je suis carrément obnubilé par cet écueil, si près du but, bon toujours hyper-dernier, mais échouer à 2 spéciales de l’arrivée, après avoir traversé des embûches rédhibitoires, rendrait cet échec amer.
La foule grouille aux abords des places ombragées pernoises, multicolore et bruyante, elle contribue à remuer l’habituelle torpeur des lieux, à chaque bruit de moteur, des dizaines yeux s’écarquillent, les faciès s’illuminent et les têtes gigotent à la recherche de la source sonore. Du bout de mon pied droit, je possède ce bruit et je l’utilise à bon escient, tantôt pour me frayer un chemin, tantôt pour égayer l’espace, ou encore pour signifier à nos amis « on est encore là !!! » , certains lieux restent privilégiés, comme les buvettes ou encore le panneau des temps dont l’accès relève du parcours du combattant, le fichier excel en petits caractères mériterait de prendre de l’embonpoint, fort heureusement un podium, sur lequel officient de charmantes hôtesses, permet d’obtenir les temps quasiment en live.
Ces quelques minutes d’assistance sont cruciales, nous serrons des kilomètres de paluches, mais parvenons quand même à désosser l’auto et à en examiner les dessous, nous auscultons avec attention les pièces incriminées, mais rien ne semble anormal…..je prend le temps de la réflexion, le regard de Julien est clair, le débat tourne court « Julien, combien de temps avant de pointer ??? », « 3 minutes denis !! » me rétorque-t-il, « allez, Ju, en voiture, on fonce !!!! », le doute laisse place à de francs sourires, bon il y a certes des inconnues, mais une fois de plus la passion l’emporte sur la raison.
La 11ème spéciale, le dernier passage dans la divine « Col de la Ligne », Sil20 et son père sont là, au volant de la balayeuse, prêts à nettoyer notre terrain de jeu pour le rendre praticable au citoyen lambda. Nous réitérons notre demande auprès du chef de poste pour décaler notre départ d’une minute. Dans un inquiétant nuage de fumée, Jean-paul s’inscrit dans la première courbe, je positionne l’auto sur la ligne de départ, hyper-motivé mais conscient du danger potentiel que représente mes freins.
Soudain, à 30 secondes du départ, le commissaire nous indique l’arrêt du décompte, ce geste que nous connaissons bien, correspond à un arrêt de course qui peut durer quelques secondes ou plusieurs longues minutes….quelques instants s’écoulent, le chronométreur me fait signe, fausse alerte !! c’est bon on part dans une minute…. 30 secondes……10 secondes……STOP !! il s’interpose de nouveau et me demande de couper le moteur, puis m’annonce qu’une voiture est en feu à 1 km de l’arrivée, apparemment la gt/Turbo n°27 sans mal pour l’équipage.
Les pompiers et leurs vieux Berliet démarrent en chœur et nous frôlent dans un raffut sonore et visuel, le directeur de course les précède, et les sème à peine 30 mètres plus loin…..de notre position nous pouvons les suivre dans leur ascension de la première côte, et leur vitesse de croisière ne semble que flirter avec les 30 km/h….
Pas besoin d’être expert en calcul mental pour comprendre que nous sommes plantés là pour une bonne heure….le temps s’écoule plutôt agréablement, à l’ombre et en compagnie amicale, le moment est très convivial.
Le chef de poste s’approche, il s’est déjà écoulé presque 30 minutes depuis le départ des secours, il m’annonce que l’incendie a été maitrisé par l’équipage, que l’auto ne gêne pas et que dès le retour des pompiers je pourrais prendre le départ en course et non en liaison.
Mon neurone de « petit scarabée », spécialiste de la sagesse, s’agite et tel un druide j’interpelle de nouveau le chef de poste. Je pense qu’il est trop risqué de partir en chrono, la spéciale est longue, nous sommes derniers et les spectateurs n’ont plus vu passer d’auto depuis de longues minutes, en gros, si je pouvais éviter de prendre un camping-car de face à 180 !!!!! Julien me soutient dans ma demande ainsi que toutes les personnes à proximité, le commissaire en charge du départ reconnaît immédiatement que notre sécurité ne peut être assurée à 100 % et est de tout cœur avec nous dans cette décision.
Bon une spéciale en liaison n’a rien de très extraordinaire, cependant !!!! à notre grand étonnement les spectateurs, informés par la C.B. sont restés et nous ont attendus ! et la moindre des choses, c’est que, malgré notre vitesse réduite, nous leur offrions encore un peu de délectation visuelle !!! nous distribuons quelques grosses équerres et coups de manches absolument inefficaces au niveau des performances, mais tellement bien notés à l’applaudimètre que la notion de plaisir est réciproque.
A l’aube du dernier kilomètre gît la carcasse de la gt turbo qui provoqua l’intervention du service de sécurité, l’équipage fortement déçue est à proximité de l’épave, leurs regards abattus sont révélateurs de l’étendue des dégâts, la caisse est détruite, les tonneaux contre les rochers ont vrillé et martyrisé la fine tôle, les trains roulants ont obtenu, bien malgré eux, un carrossage des plus fantaisistes, peu ou proue de la belle semble récupérable….
Le point stop, nous saurons plus tard que la direction de course nous octroiera le même chrono (9’22) qu’au tour précédent, à vrai dire, ça ne changera rien à notre classement, ni à celui des autres concurrents !!!
Déjà !! ou enfin !!! la dernière spéciale !!! le col de murs et son tracé torturé, cette fois il est hors de question de partir en liaison !! la spéciale est plus courte (8 kms) et les accès plus facilement contrôlables par les autorités rallystiques. Donc c’est en toute quiétude que nous nous élançons quelques 45 minutes après paulo et sa subaru aux allures de théière !!!
De nouveau, des problèmes de carburation nous handicapent sur les premières centaines de mètres, mais la vitesse atteinte, à l’amorce du premier virage, est plus que convenable, je freine tard, je pose la 4 puis la 3 et j’inscris sèchement la manta dans ce droite, j’ambitionne d’en sortir le plus propre possible, à ras du muret extérieur, afin de nous lancer au mieux dans la jolie ligne droite qui suit, pour l’heure, je frôle les rochers à la corde, satisfait de ma trajectoire, je relance tôt, soudain !!!!!! mon champ de vision s’ouvre sur un groupe d’un vingtaine de spectateurs qui occupent un tiers de la chaussée, une partie d’entre eux « sautillent » pour se percher sur le muret !! oui le muret, exactement mon point de sortie du virage !!!! j’ignore encore à ce jour comment j’ai pu éviter l’ensemble de ce groupe, il me semble même m’être payé le luxe de les invectiver d’un geste agressif, à cet instant la peur a pris le dessus et a guidé mes actes, peut-être une peur sissuïque !! néanmoins ce simple souvenir, pour le moins marquant, éveille en moi une amertume et beaucoup d’interrogations.
Nous n’y sommes plus, un rapide échange verbal avec julien, et d’un commun accord, nous décidons de « dérouler », bien nous en a pris !! la scène se reproduira à plusieurs reprises, malgré le bruit de l’auto et le « non-passage » de la voiture bardée du drapeau à damier, trop de spectateurs ont pris le risque de quitter leurs emplacements, mais surtout oublient totalement de se mettre en sécurité à notre approche…..
Bon, de colère !! nous nous vengerons dans le dernier virage, difficile de passer plus « en vrac » sans se scotcher dans les rochers !!! mais, ouf !! ça fait un bien fou !!
Le dernier point stop du rallye, nous nous congratulons !! enfin, nous finissons ce fameux rallye de Venasque, et de plus le chrono de la dernière spéciale, malgré le train de sénateur que nous nous sommes imposés, est très correct, un sympa 6’03 pour en finir !!
Le sourire est de sortie dans la Manta, même notre vénérable monture semble afficher une banane des grands jours !!! et voici le parc d’arrivée, et sa foule compacte, toute l’écurie Insula est là pour nous accueillir et nous congratuler………à grands coups de bouteilles d’eau !!!!! ah pour un accueil rafraichissant, on ne pouvait rêver mieux !! de plus l’écurie au grand complet à terminé l’épreuve !!
Au final, nous nous classons derniers !!! mais bon en fait 52ème sur 100 partants, comme disais mon pote Coubertin « l’essentiel est de participer », mais comme on reste compétiteur dans l’âme, nous effectuons une légère extrapolation du chrono de l’ES2, et notre place finale aurait put se situer entre la 20ème et la 23ème place, donc plutôt honnête comme performance, mais il en fut tout autre comme vous le savez maintenant !!!!
Peur rétroactive lorsque 3 semaines après, à la veille de la Ronde de la Durance, alors que nous changeons les freins (les étriers flottants, en fait complètement grippés, étaient à l’origine de nos soucis de freinage), Sil20 en bon mécano me fait remarquer que la rotule supérieure avant-gauche ne tient plus que par un boulon, et que d’autre part l’écrou qui le maintient en place ne prend plus que sur 2 ou 3 filets !!! je comprend désormais beaucoup mieux mes sous-virages excessifs dans les courbes à droite !
Waouh grosse frayeur à la veille d’aborder les bosses de sainte-anne, spéciale oh combien mythique de la Ronde de la Durance, rallye qui fête son 35ème anniversaire cette année, et qui me permettra enfin de découvrir le « loup » qui se cachait dans la Manta…….mais ceci est une autre histoire……

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