|
| merci lambert, ça y est la suite est prête, bonne lecture.
Suite du GAP 98.
Bon alors, comme je le disait précédemment, ça va se compliquer, la spéciale de notre-dame du laus est en vue et une ambiance euphorique règne dans l’habitacle, jusqu’à présent et hormis la touchette du tour précédent tout se passe à merveille et les chronos sont au-delà de nos espérances, de fait la confiance est de mise, mais la tension, palpable est bien présente, cette espèce de vibration intérieure que tu ressent et qui peut tout faire basculer si tu gères mal les événements, en gros c’est ce qui provoque les excès de confiance ou le mauvais réflexe, mais à contrario, cette tension nerveuse peut provoquer l’état second : le sissu !!
Nous arrivons au CH quand nous apercevons une petite file d’une dizaine de voitures, instantanément mon iguane préféré s’écrie « merde denis, ya un arrêt ! pas bon pour les peuneus ça ! » il ne croyait pas si bien dire ! un des concurrents nous précédant s’est effectivement mis au tas et l’info alarmiste relayée par le cibiste sur l’état de santé de l’équipage déclencha la mise en route de l’ambulance (pour rien, rassurez-vous, c’était une fausse alerte), les commissaires nous font avancer en zone pour laisser le passage au véhicule de secours et comme la route est super étroite on se serre un max à droite les 2 roues sur le talus, ce que je fait immédiatement, je sors de la kadett ferme la porte, une vingtaine de paire d’yeux et d’oreilles nous fixent, la kadett laisse échapper un « pppppcccchhhhhhhhheeeeeeeee » langoureux, je manque perdre les eaux, j’ai crevé !! le commissaire me met la main sur l’épaule et me dit « t’inquiètes, t’es en zone, mais j’ai rien vu ! » un élan de solidarité s’empare des autres équipages et en moins de 2 minutes la roue arrière droite est changée, on retrouve le sourire mais avec un nouveau stress : plus le droit de crever !!
La course repart, notre niveau de concentration a chuté mais la beauté et le technicité de cette spéciale devrait nous replonger rapidement dans la course.
Je suis sur la ligne de départ, 30 secondes, mon tic habituel je rentre 2 fois la 1ère, je serre le frein à main, et je relâche la pression sur la pédale du milieu, le commissaire compte 15, aïe j’aime pas ça, 10 secondes 2,3 coups de gaz pour décalaminer les conduits, 5 secondes, allez 5000 tours fixes, 0 gaz départ impeccable, les courbes rapides s’enchainent, tout va bien, mes neurones acceptent volontiers de transmettre les notes à mes membres, oui….euh…tous mes membres ! ça roule bien, j’augmente le rythme « gauche à fond pour gros frein sur épingle gauche » on est bien on est facile je vais lâcher le pied plus tard, je dépasse la limite de freinage (pour la kadett je précise) je bloque les roues, laurent pose les notes sur les cuisses, mais ouf ! dans un dernier réflexe, je relâche les freins et ça passe, 2 roues dans la terre à l’extérieur de l’épingle, mais ça passe, la suite de la spéciale est un champ de mines, ya des autos dans tous les trous y compris le 00 et le 0 dont les citroën neuves et de série sont en épaves dans les prés après plusieurs tonneaux !! on sort du sous-bois, indemnes ! encore une grande allonge jusqu’au carrefour en épingle et on attaquera la montée lente et sinueuse, je câble au carrefour, youpi ! on l’enroule super bien, le public en redemande, 50m épingle gauche, on en sort à l’équerre, le fun, allez plus que 4 ou 5 virages et c’est l’arrivée, une dernière épingle droite puis la petite ligne droite pour le gauche avec le rail, j’aperçois maintenant ce virage, le premier tour on l’a pris quasi à fond, l’horizon se dégage et que vois-je ?? au moins 3000 personnes (ouais OK petite exagération) laurent s’écrie « wouaah le peuple, allez cette fois tu le passes à fond !!!! » surmotivé le denis et pas méfiant pour un sou, s’il y avait autant de monde, c’est parce que c’était « LE » piège du rallye, la route est en fait après 200 passages un chemin de terre !! et le rentrer à fond en SB10 relève du suicide, mais il est déjà trop tard quand mes yeux s’écarquillent en voyant l’état de la route, le filet d’anchois à ma droite s’est tu subitement, merci à la DDE d’avoir intelligemment positionné un rail dans ce virage sinon c’est airbus attitude, j’essaie malgré tout d’inscrire la kadett dans la courbe, mais elle décroche instantanément des 4 roues, une demi seconde plus tard on est encastré dans le rail, le choc est sourd, la souplesse du rail amorti l’auto plutôt pas mal, mais pas évident de repartir, on a tapé de côté et le rail a épousé la forme de la kadett, une partie du public applaudit tandis que l’autre apparemment prédisposée à sortir les autos de ce piège saisi immédiatement la kadett et nous sommes à nouveau dans le sens de la marche sans vraiment comprendre ce qu’il nous arrive, laurent qui a maintenant la porte contre le siège me remotive « allez denis, c’est bon plus que 2 virages » ouais mais je ne connais pas l’état de mon train avant et le prochain défi est un gauche-droite à fond pour l’arrivée, tant pis je le tente, plus concentré du tout et trop préoccupé par l’état de santé du vénérable morceau de tôle qui nous transporte, je rentre le gauche à fond et j’oublie carrément de tourner pour le droite que nous passons les 4 roues dans l’herbe à ras de la table de pointage, chaud !!! point stop, le commissaire, zen dit à laurent « tiens, vous avez pris le rail » apparemment on était loin d’être les seuls, quasiment le même chrono qu’au premier tour, on a limité la casse, allez direction Gap, un passage à l’assistance puis direction le parc fermé. Nos 3 amis mécanos, nous attendent impatiemment, ils sont à notre gauche lorsque nous arrivons à leurs côtés, ils se penchent à ma fenêtre et l’un d ‘eux me dit « alors, c’est OK, et l’aile elle a tenu ?? » à la moue que je fais en réponse à sa question, ils comprennent immédiatement et se précipitent du côté droit de l’auto, ils se prennent la tête à 2 mains et oublient le politiquement correct lorsqu’ils laissent échapper un mot légèrement outrancier, puis ils éclatent de rire quand laurent sort par la fenêtre, direction le parc fermé, un passage à la buvette, puis nous prenons la décision d’aller nous changer lorsque pointe le nez de la samba rouge, appels de phares, ils sont morts de rire « on est sortis dans le rail !! on s’est mis au tas ! » l’aile avant droite est déchiquetée, je leur dit « OK les frangins, rentrez au par cet jetez un œil à la kadett, nous le rail on l’a infusé !! ».
Au final, un bon week-end, une place dans les 40 premiers et une kadett dans un état bizarre, du feu avant-droit (explosé bien sûr) jusqu’au cligno arrière droit, la forme du rail, cette espèce de double ondulation, un peu de travail bien sûr, mais encore un week-end qu’on est pas prêt d’oublier….
|
|