Auteur: zan et sa manta (---.w90-36.abo.wanadoo.fr)
Date: 05-10-07 17:03
Coucou, ça y est je me pose pour vous raconter ce fameux propiac 2005, ne comptez pas sur de nombreuses envolées lyriques, ça fait partie des souvenirs douloureux donc je serais un peu sérieux dans mon récit. bonne lecture.
PROPIAC 2005, petite particularité de cette épreuve, il s'agit bien d'une course de côte, mais historique, du style "démonstration", le but étant de réaliser à chaque monte le même chrono, sans forcément adopter le "maximum attack", la manta, F2000, depuis le début de l'année 2005 (fin du groupe F oblige) date de 1977, et peut donc prendre part à ce genre d'épreuve.
Nous sommes en plein coeur de le "trêve estivale" et , à 3 semaines du rallye du picodon sur lequel nous misons beaucoup avec laurent, en effet nos performances récentes sont plus que moyennes, et je juge qu'une séance de roulage sur route fermée ne peut être que positive...
Le tracé de la course de côte de propiac emprunte la 2ème partie de la spéciale que nous parcourons pour le rallye de Vaison, la longueur est d'environ 3 kms, les épingles t'incitent à la débauche, le soleil est au rendez-vous, les spectateurs se délectent du spectacle à venir au regard des véhicules qui composent le plateau spécifique aux années 70, en gros tout pour passer une belle journée entre passionnés de sport auto...tout ?? non, il manque le petit truc, la chose qui te tord les tripes au réveil les jours de course, qui t'entraine prématurément dans cette petite pièce dans laquelle débouche un PVC de 100, cet état physique et psychologique délicat dont tu ne te sépares qu'une fois la 1ère spéciale du week-end parcourue..oui là, rien, une décontraction à la stéphane Bern..OK c'est pas désagréable, mais cette tension là se transforme inévitablement en bonheur intense, voir en sissu.
Les vérifs techniques naturellement sommaires terminées, la route reste ouverte pour des reconnaissances, puis la direction de course donne le départ, les Alpine, NSU, Rallye 2, et autres béhèmes se succèdent, quelques motos et side-cars pimentent le tout, la manta glisse, virevolte même, jem'amuse...sans plus, l'esprit de compétition est totalement absent et j'ai du mal à me prendre au jeu, je suis convaincu d'une chose : pas de possibilité de sissu aujourd'hui...peu importe nous sommes venus à plusieurs voitures et l'entre 2 montesque nous vivons sans le moindre stress se déroule dans la bonne humeur, chacun décrit sa première monte, on exagère un peu les travers, SIL20 assimile sa montée en 205 GTI d'origine à du drift, didier le frangin avec la samba nous annonce officiellement avoir parcouru 300 m de plus que nous(on le croit volontiers!)et yvan avec sa kadett 1000 a procédé au "désherbement" des bas-côtés, donc en gros ya pas de sissu, mais ya du bonheur.
2ème monte, mon sauna portatif sur la tête, je procède au réglage des harnais, que je laisse plus ou moins "laches", logique pas de danger en vue. "Clac", la 1 est enclenchée dans la ZF, les 200m de ligne droite rapidement avalés, gauche à fond sur gauche sur épingle droite, la manta s'engage dans une grosse dérive que j'entretiens volontiers, un peu trop le cul traverse la route et se trouve rapidement à l'opposé sur le terre-plein où se trouve un joli tas de sable que je saccage en laissant un bout de mon bas de caisse droit, 30m épingle gauche, on remet ça,le passage dans la 1ère épingle m'a légèrement contrarié, mon style n'est pas coulé, plutôt heurté, jeme force à faire le spectacle, dans les enfilades qui suivent je passe doucement, épingle droite, jolie équerre puis 100 m pour épingle gauche,excès d'optimisme : 2 tours sur place, le sous-bois puis la partie rapide qui se termine sur un gauche aveugle et assez rapide, je l'assure largement, 200m de ligne droite pour une des plus belles épingles droites de la montée, la route vient d'être refaite sur la totalité du virage. J'arrive assez vite, freinage appuyé, un appel, je câble, la manta enroule parfaitement, j'ai le pied dedans et le volant en butée de contrebraquage...alors que je suis pratiquement sorti de la courbe, je me rend compte que je suis un peu court et que je vais mordre à l'intérieur de l'épingle, c'est à ce moment là que rentre dans mon champ de vision un "reste" des travaux de réfection de la chaussée, une coulée en béton, ma roue avant droite, complètement braquée, s'y engouffre...immédiatement le volant m'échappe des mains et fait 3 tours dans le sens opposé, la seconde qui vient sera déterminante, pas forcément concentré, je ne lâche pas les gaz, je peine à récupérer le volant, je suis à 50/60kmh au milieu de l'épingle, je couche 2 ou 3 arbustes...tout à coup ! le vide ! je plonge ! la manta est dans les airs à la verticale, je vois la route en dessous arriver face à moi, l'impact est terrible, violent, agressif, la manta reste un instant plantée sur le museau puis l'arrière se pose sur les rochers, elle est quasiment à la verticale, je reprend mes esprits...le moteur tourne,merde ! c'est pas fait pour tourner dans cette position, je coupe tout, ma nuque est douloureuse, j'ai l'impression d'avoir un sumo sur les épaules, pas le temps de palabrer, il faut sortir de là ! Bon évidemment dans cette position, aucun problème pour ouvrir la porte, par contre pour sortir !! je quitte le harnais, forcément je me vautre dans le volant, j'escalade l'arceau puis je me glisse entre le bas de la porte et les rochers,le concurrent suivant passe, je me met en sécurité, j'ose avoir un regard vers la manta..sans commentaire, voir la photo en PJ.
Résultat de ce fabuleux dimanche : une épave de manta et les 7 vertèbres cervicales déplacées plus un picodon sérieusement compromis..yvan passe par là, me rappelle qu'il a une caisse nue de manta arceautée et qu'ila abandonné le projet de la monter, je suis encore un peu choqué et pour l'instant indécis quand à la suite à donner.
Lundi matin, je suis au taf, je décide d'informer laurent de ma mésaventure et surtout de le libérer pour le 1e week-end de septembre. il me rappelle 1/4 d'heure après : "zan, t'as une caisse ?" je lui répond "oui..euh enfin, yvan en a une", "ce soir, tu protes la cassée à la maison, et demain la caisse nue, pas de soucis on sera au picodon"...3 semaines plus tard, nous serons effectivement au départ du picodon, mais ceci est une autre histoire.....
merci au passage à mes amis pour le travail effectué, construire une auto de course en 3 semaines c'était un pari fabuleux.
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