La Peugeot 106 Rallye est une sportive compacte produite entre 1993 et 1998 en deux séries. La phase 1 embarque un 1.3 de 8 soupapes d’environ 100 chevaux, la phase 2 passe à un 1.6 de même architecture. Sous les 900 kg et homologuée en rallye, elle séduit par sa légèreté, sa mécanique simple et une cote qui progresse tranquillement sur le marché de la collection.
Qu’est-ce qui définit vraiment une 106 Rallye ?
La 106 Rallye n’est pas une finition sportive ajoutée après coup sur une citadine. Peugeot l’a pensée dès 1993 pour satisfaire aux règlements du groupe N, avec un cahier des charges entièrement tourné vers l’allègement et le coût d’usage. Pas de climatisation, pas de sellerie cuir, pas de direction assistée sur les premières livraisons : tout ce qui ne sert pas à avancer plus vite a été retiré.
Sous le capot, l’auto reçoit un bloc atmosphérique à injection, d’abord un 1 294 cm3 de type TU2, ensuite un 1 587 cm3. Ce choix d’un simple arbre à cames en tête et de huit soupapes surprend face aux moteurs seize soupapes de la concurrence de l’époque, mais il garantit une mécanique robuste, peu coûteuse à entretenir et agréable à bas régime.
Cette philosophie explique pourquoi la 106 Rallye conserve aujourd’hui une communauté fidèle. Elle n’offre pas des performances pures exceptionnelles, mais un rapport poids-puissance et une réactivité de châssis qui donnent la sensation de rouler plus vite qu’on ne l’est réellement.
106 Rallye phase 1 et phase 2 : deux caractères, deux moteurs
Les deux séries de la 106 Rallye se distinguent bien au-delà du style. La phase 1, commercialisée de 1993 à 1996, mise sur un 1.3 rageur qui aime monter dans les tours. La phase 2, arrivée en 1996, troque ce bloc contre un 1.6 plus coupleux avec un léger gain de puissance annoncé.
| Critère | Phase 1 (1993-1996) | Phase 2 (1996-1998) |
|---|---|---|
| Cylindrée | 1 294 cm3 | 1 587 cm3 |
| Architecture | 4 cylindres, 8 soupapes | 4 cylindres, 8 soupapes |
| Puissance annoncée | environ 98 à 100 ch | environ 103 ch |
| Poids | environ 850 kg | environ 890 kg |
| Boîte | manuelle 5 rapports | manuelle 5 rapports |
| Direction | non assistée | assistée sur certaines versions |
En pratique, la première génération est perçue comme plus brute, plus légère, plus proche de l’esprit d’origine. La seconde apporte un confort relatif et un moteur plus souple pour un usage routier. Aucune ne peut être qualifiée de supérieure : elles répondent à des envies différentes selon que l’on privilégie la pureté ou la polyvalence.
Pourquoi la légèreté change tout au volant
Le poids contenu de cette Peugeot est son principal atout. Sous les 900 kg, la voiture change de direction avec une vivacité que peu de citadines modernes peuvent égaler. Chaque kilo gagné sur la balance se traduit par un gain en freinage, en accélération et en usure des pneumatiques.
Ce comportement tient aussi à une architecture simple : essieu arrière à bras tirés, jambes McPherson à l’avant, voie relativement large. Rien d’exotique, mais un ensemble cohérent qui pardonne les erreurs de conduite et récompense les trajectoires propres.
- Pour un usage loisir, l’auto procure des sensations à vitesse raisonnable sans mettre en danger le permis.
- Pour un usage compétition, cette légèreté devient un avantage décisif dans les catégories limitées en puissance.
- Pour un usage collection, le châssis simple facilite l’entretien et limite les pièces introuvables.
Une 106 Rallye sur les épreuves : le terrain naturel
La vocation de la 106 Rallye est née sur les spéciales. Homologuée en groupe N puis en groupe A, elle a servi de base à de nombreux équipages amateurs qui cherchaient une auto fiable et économique à engager. Sa mécanique simple facilite les interventions entre deux épreuves et permet de repartir même avec un budget serré.
Elle ne se range pas dans les mêmes catégories que les autos engagées en R4 en rallye, qui répondent à un règlement plus récent et à des contraintes techniques différentes. La 106 conserve toutefois une place dans les épreuves historiques et les rallyes de régularité, où son poids réduit et son châssis agile font merveille.
Sur les routes du Forez comme ailleurs, cette Peugeot reste un choix crédible pour qui veut découvrir la compétition sans exploser son budget. Beaucoup d’équipages y font leurs premières armes avant de passer à des montures plus puissantes.
Acheter une 106 Rallye : les points à contrôler
Avant de signer, il faut inspecter la coque avec attention. La 106 est sensible à la corrosion, surtout au niveau des bas de caisse, des passages de roues arrière, du plancher et des supports de fixation de train arrière. Un plancher attaqué coûte cher à reprendre et peut compromettre l’homologation en compétition.
Le moteur TU2 ou TU5 est globalement robuste si l’entretien a été suivi. Vérifiez l’historique des vidanges, l’état de la distribution, la tenue du joint de culasse et la propreté du circuit de refroidissement. Sur une auto de plus de vingt-cinq ans, les durites et les silentblocs fatiguent même lorsque le kilométrage affiché reste faible.
Côté transmission, les boîtes encaissent bien les années, mais les synchros de deuxième et de troisième finissent par accuser le poids du temps. Sur les exemplaires passés entre plusieurs mains, l’embrayage et les cardans méritent un contrôle rapproché.
Combien coûte une 106 Rallye aujourd’hui ?
Le marché s’est nettement tendu ces dernières années. Une phase 1 saine avec un historique clair se négocie souvent entre 6 000 et 12 000 euros, tandis qu’une phase 2 en bel état évolue dans une fourchette proche. Les exemplaires strictement d’origine, avec peu de propriétaires et un dossier complet, atteignent des sommets qui auraient paru absurdes il y a quinze ans.
Sur cette niche, la ligne de flottaison entre youngtimer accessible et future valeur de collection reste mouvante. Un exemplaire préparé pour la piste vaut généralement moins qu’une auto stock, sauf si les transformations sont documentées et réalisées par un préparateur reconnu.
| État du véhicule | Fourchette indicative |
|---|---|
| Projet à restaurer | 2 000 à 5 000 € |
| Bon état d’usage | 6 000 à 10 000 € |
| État collection, dossier complet | 11 000 à 18 000 € |
| Version préparée pour la course | 8 000 à 20 000 € |
Erreurs fréquentes chez les acheteurs et les propriétaires
La première erreur consiste à acheter sur photos. La corrosion ne se lit jamais correctement sur un écran, et une reprise de coque peut dépasser la valeur du véhicule. Un déplacement pour examiner l’auto sur un pont reste indispensable avant tout engagement.
La deuxième erreur touche la couverture du risque. Beaucoup de propriétaires sous-estiment l’impact d’une voiture de collection ou d’une auto modifiée sur leur contrat. Comparer les formules, comprendre les garanties et déclarer honnêtement l’usage réel sont des réflexes simples qui évitent les mauvaises surprises après un sinistre. Un dossier dédié à l’Assurance auto détaille les critères qui comptent vraiment lors de la souscription.
La troisième erreur est de croire qu’une 106 Rallye s’entretient comme une voiture moderne. Les pièces spécifiques se raréfient, et certains éléments comme les garnitures de frein ou les alternateurs se trouvent plus facilement sur le marché de l’occasion. Constituer un petit stock de consommables évite les immobilisations prolongées.
Entretien, pièces et budget de roulage
Au quotidien, la 106 Rallye ne coûte pas cher à faire tourner : consommation mesurée, pneus de petit diamètre et freins accessibles. Les difficultés apparaissent sur les pièces propres aux versions Rallye, notamment les amortisseurs, les silentblocs de train arrière et certains éléments de carrosserie.
Un quickshift ou un levier au débattement plus court fait partie des modifications courantes chez ceux qui roulent régulièrement sur circuit. Ce type d’accessoire améliore la précision du passage des rapports sans transformer la mécanique en profondeur. Il faut toutefois conserver les pièces d’origine pour préserver la valeur de l’auto.
Un alternateur d’occasion se déniche souvent entre 60 et 150 euros selon son état et le vendeur. Les garnitures de frein arrière, plus rares, obligent parfois à se tourner vers des fabricants indépendants ou vers une pièce récupérée. Anticiper ces achats fait partie de la vie d’un propriétaire de youngtimer et évite de rester bloqué en pleine saison.
Quelle est la différence entre une 106 Rallye et une 106 S16 ?
La 106 S16 embarque un 1.6 de 16 soupapes développant environ 118 chevaux, contre une culasse à huit soupapes et une centaine de chevaux pour la Rallye. La S16 est plus puissante, mais aussi plus lourde et plus chère à entretenir. La Rallye mise sur le poids contenu et la simplicité mécanique.
Combien de chevaux développe une 106 Rallye ?
La phase 1 avec son 1.3 annonce autour de 98 à 100 chevaux. La phase 2 équipée du 1.6 grimpe à environ 103 chevaux. Ces chiffres restent modestes, mais le poids inférieur à 900 kg compense largement sur la route comme sur la piste.
Peut-on utiliser une 106 Rallye au quotidien ?
Oui, à condition d’accepter un confort spartiate et une insonorisation limitée. La mécanique est fiable si l’entretien est suivi, et les pièces courantes restent abordables. En revanche, les modèles très kilométrés demandent un budget d’entretien régulier.
Quel prix faut-il prévoir pour une 106 Rallye en bon état ?
Comptez entre 6 000 et 10 000 euros pour un exemplaire sain avec un historique clair. Les autos strictement d’origine et parfaitement documentées dépassent souvent les 12 000 euros. Un projet à restaurer se trouve parfois sous les 4 000 euros, mais la remise en état coûte cher.
Une 106 Rallye peut-elle encore courir en rallye aujourd’hui ?
Elle reste éligible dans plusieurs catégories historiques et dans les épreuves de régularité. Pour les compétitions modernes, mieux vaut vérifier le règlement de l’épreuve et l’homologation de l’auto avant de s’engager.
Quels sont les principaux points faibles à vérifier ?
La corrosion des bas de caisse et du plancher, l’état des silentblocs de train arrière, les synchros de boîte et la vétusté des durites. Un contrôle sur pont reste la meilleure façon d’éviter une mauvaise affaire.
