La Toyota Yaris WRC de Sébastien Ogier en spéciale, voiture du titre au championnat du monde des rallyes 2020
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Championnat du monde des rallyes 2020 : le septième titre d’Ogier dans une saison écourtée

Le championnat du monde des rallyes 2020 a été remporté par Sébastien Ogier et Julien Ingrassia (Toyota Yaris WRC), sacrés pour la septième fois au Rallye de Monza en décembre 2020, avec 8 points d’avance sur Elfyn Evans. Le titre constructeurs est revenu à Hyundai. En raison de la pandémie de Covid-19, la saison n’a compté que 7 manches sur les 14 prévues.

Saison la plus courte de l’ère moderne, le championnat du monde des rallyes 2020 reste à part dans l’histoire du WRC. Programmée sur quatorze épreuves, la 48e édition de la compétition de la FIA a été amputée de moitié par la crise sanitaire, réorganisée en plein été, puis conclue sur un rallye improvisé autour du circuit de Monza. Au bout, un Français encore : Sébastien Ogier, pour sa première année chez Toyota Gazoo Racing, a signé un septième sacre avec Julien Ingrassia. Voici le déroulé complet, les classements pilotes et constructeurs, et ce que cette édition hors norme a changé.

Classements du championnat du monde des rallyes 2020 : pilotes et constructeurs

Le titre pilotes s’est joué entre deux équipiers Toyota. Elfyn Evans a mené une grande partie de la saison après ses victoires en Suède et en Turquie, mais une sortie de route sur une portion verglacée lors de la dernière manche lui a coûté sa chance. Ogier, régulier et vainqueur à Monza, a renversé la situation au dernier moment.

Chez les constructeurs, la hiérarchie s’inverse. Hyundai Shell Mobis WRT a conservé sa couronne obtenue en 2019 avec 241 points, juste devant Toyota (236 points), grâce à un effectif plus homogène : Tänak, Neuville et Dani Sordo ont tous gagné au moins une manche. M-Sport Ford, avec la Fiesta WRC, a complété le podium loin derrière. Ce double résultat, titre pilotes pour Toyota et titre constructeurs pour Hyundai, résume bien une saison très serrée entre les deux usines.

Le calendrier WRC 2020 bouleversé par la pandémie

À l’origine, le calendrier publié fin 2019 annonçait quatorze rendez-vous, avec plusieurs nouveautés : le retour du Safari Rally au Kenya, l’arrivée du Japon et de la Nouvelle-Zélande. La France en était absente, le Tour de Corse ayant perdu sa place, ce qui avait déçu bon nombre de passionnés de l’Hexagone. Le Chili a ensuite été retiré à cause de troubles politiques, avant que le Covid-19 ne fasse tomber la plupart des autres manches.

Après le Mexique, en mars, le championnat s’est arrêté près de six mois. Le Portugal, l’Argentine, le Kenya, la Finlande, la Nouvelle-Zélande, l’Allemagne, la Grande-Bretagne et le Japon ont été annulés tour à tour. Le promoteur a reconstruit une fin de saison avec des épreuves capables d’organiser une course à huis clos ou presque, d’où l’apparition de l’Estonie et de Monza. Un rallye d’Ypres, en Belgique, a même été inscrit pour novembre, avant d’être abandonné à son tour.

Les 7 manches du WRC 2020 et leurs vainqueurs

Manche Date Surface Vainqueur
Rallye Monte-Carlo Janvier Asphalte, neige et verglas Thierry Neuville (Hyundai)
Rallye de Suède Février Neige (raccourci) Elfyn Evans (Toyota)
Rallye du Mexique Mars Terre Sébastien Ogier (Toyota)
Rallye d’Estonie Septembre Terre rapide Ott Tänak (Hyundai)
Rallye de Turquie Septembre Terre cassante Elfyn Evans (Toyota)
Rallye d’Italie Sardaigne Octobre Terre Dani Sordo (Hyundai)
Rallye de Monza Décembre Asphalte, neige en montagne Sébastien Ogier (Toyota)

Monte-Carlo, Suède, Mexique : un début de saison classique

Neuville a ouvert l’année en s’imposant pour la première fois en Principauté, privant Ogier d’une septième victoire consécutive sur ses routes alpines. Le rallye de Suède s’est disputé presque sans neige, avec un parcours réduit, et a vu Evans l’emporter tandis que le jeune Rovanperä décrochait son premier podium en catégorie reine. Au Mexique, l’épreuve a été écourtée d’une journée pour permettre aux équipes de rentrer en Europe avant la fermeture des frontières, et Ogier a pris la victoire.

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Estonie, Turquie, Sardaigne : la reprise estivale

Pour la reprise, Tänak a gagné chez lui, en Estonie, sur des pistes très rapides qui découvraient le WRC. La Turquie, réputée destructrice pour les mécaniques, a souri à Evans, qui a pris la tête du classement. Déplacée en octobre, la Sardaigne a offert à Sordo un succès précieux pour Hyundai dans la lutte constructeurs.

Le rallye de Monza, finale inédite du championnat

Monza a été imaginé dans l’urgence : spéciales tracées dans l’enceinte et autour du célèbre autodrome, complétées par des routes de montagne au-dessus de Bergame. La neige et le verglas du samedi ont piégé Evans, sorti dans un fossé. Ogier, victorieux de l’épreuve, a ainsi transformé une saison commencée dans le doute, au volant d’une Yaris qu’il découvrait, en un nouveau sacre mondial.

Les équipages et les voitures engagés en WRC en 2020

Trois constructeurs officiels étaient présents en 2020, après le départ de Citroën à la fin de 2019. Ce retrait explique le transfert d’Ogier vers Toyota, où il a retrouvé Evans et accueilli le prodige finlandais Kalle Rovanperä, 19 ans. Dans le sens inverse, Ott Tänak, champion du monde 2019 avec Toyota, a rejoint Hyundai aux côtés de Neuville, Sordo et Craig Breen selon les manches. M-Sport Ford alignait notamment Esapekka Lappi, Teemu Suninen et Gus Greensmith.

  • Toyota Yaris WRC : la plus aboutie sur terre rapide, titrée chez les pilotes.
  • Hyundai i20 Coupe WRC : très efficace partout, titrée chez les constructeurs.
  • Ford Fiesta WRC : budget plus serré, quelques podiums mais pas de victoire.

Ces voitures répondaient au règlement technique introduit en 2017 : moteur 1,6 litre turbo d’environ 380 chevaux, quatre roues motrices, aérodynamique très travaillée. Une génération bien plus rapide que celle de la Peugeot 206 WRC, qui avait dominé le début des années 2000, mais qui en partage l’ADN : des autos dérivées de citadines, transformées en prototypes de course.

Les catégories support ont aussi livré leurs champions : Mads Østberg (Citroën C3 R5) en WRC2, Jari Huttunen (Hyundai i20 R5) en WRC3 et Tom Kristensson en Junior WRC.

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Pourquoi cette saison WRC reste à part

Avec sept manches seulement, l’édition 2020 donnait un poids énorme à chaque rallye. Une seule sortie de route pouvait ruiner une année, et c’est exactement ce qui s’est produit pour Evans. Le barème restait celui en vigueur à l’époque : 25 points pour le vainqueur, puis 18, 15, 12, 10, 8, 6, 4, 2 et 1 point, auxquels s’ajoutaient jusqu’à 5 points de bonus pour les cinq meilleurs de la Power Stage, la dernière spéciale. Ces bonus ont souvent fait la différence dans un écart final de 8 points.

Ce titre a aussi une portée symbolique. En s’imposant sans Citroën ni Volkswagen, Ogier a prouvé qu’il savait gagner avec une troisième marque, et il a rejoint un peu plus encore Sébastien Loeb dans les livres d’histoire. Pour Julien Ingrassia, qui annoncera sa retraite à la fin de 2021, ce septième sacre a fait partie des derniers grands moments d’un duo resté inséparable depuis ses débuts.

Enfin, 2020 a servi de laboratoire : spéciales sans public, parcs d’assistance limités, protocoles sanitaires stricts. Plusieurs épreuves nées de l’urgence, comme l’Estonie, ont gardé leur place les années suivantes.

Bien lire les résultats du championnat du monde des rallyes 2020

Beaucoup de sites reprennent encore des classements publiés après la Suède ou le Mexique, avant la longue interruption. Ces tableaux intermédiaires montrent Evans ou Ogier en tête et peuvent semer la confusion. Pour un bilan fiable, il faut toujours vérifier que le classement mentionne bien les sept manches, Monza inclus.

  • Confondre pilote et équipage : en rallye, le titre récompense aussi le copilote. Ingrassia est champion au même titre qu’Ogier.
  • Additionner les victoires : Ogier et Evans comptent deux succès chacun, mais la Power Stage et la régularité ont départagé les deux hommes.
  • Mélanger les catégories : WRC, WRC2, WRC3 et Junior WRC ont chacun leur classement.
  • Oublier le titre constructeurs : il a échappé à Toyota malgré le sacre de son leader.

Pour suivre l’actualité des épreuves nationales avec la même rigueur, l’outil FFSA rallye direct permet de consulter temps intermédiaires et classements officiels au fil des spéciales. Et pour mesurer l’écart entre le mondial et les routes françaises, le Championnat de France des rallyes 2026 offre un bon point de comparaison, avec plusieurs pilotes passés par les catégories support du WRC.

Revivre la saison 2020 du WRC depuis le Forez

Pour les passionnés ligériens, cette saison a d’abord été vécue devant un écran, faute de rallyes de proximité pendant de longs mois. Les jeux vidéo officiels ont pris le relais : WRC 10, sorti l’année suivante, permet par exemple de retrouver les voitures de cette génération et des spéciales mythiques. Ceux qui préfèrent la mécanique d’antan trouveront de leur côté, dans le Rallye historique, des autos qui ont tracé la voie aux Yaris et i20 de 2020, et que l’on croise régulièrement sur les routes de la Loire.

Qui a été champion du monde des rallyes en 2020 ?

Sébastien Ogier et son copilote Julien Ingrassia, sur Toyota Yaris WRC. C’était leur septième titre mondial, obtenu lors de la dernière manche à Monza.

Combien de rallyes comptait le WRC 2020 ?

Sept manches ont été disputées, contre quatorze annoncées. Les autres ont été annulées à cause de la pandémie ou de l’instabilité politique au Chili.

Quelle marque a gagné le titre constructeurs en 2020 ?

Hyundai, avec 241 points, soit cinq de plus que Toyota. C’était le deuxième titre constructeurs consécutif de la marque coréenne.

Pourquoi le Rallye de Monza a-t-il clôturé la saison 2020 ?

Les épreuves prévues en fin d’année, comme la Grande-Bretagne et le Japon, ont été annulées. Monza a été créé pour offrir une finale réalisable dans le contexte sanitaire de l’automne 2020.

Y avait-il un rallye en France dans le calendrier 2020 ?

Non. Le Tour de Corse ne figurait pas au programme 2020. Seul le Rallye Monte-Carlo, organisé en grande partie sur les routes françaises des Alpes, représentait l’Hexagone.

Oceane Faurel

Passionné de sport automobile et rédacteur depuis dix ans, je suis l'actualité des rallyes régionaux. Sur Rallye Forez, je couvre les courses, les voyages et les coulisses du business local.

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