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  Les 7 merveilles du Monte’ (3 /7) : 1981, Henri Toivonen « au nom du fils »  recommander ce message
Auteur :Hors Ligne JEANFRAN (---.w92-171.abo.wanadoo.fr)
Date :   11-01-18 18:20
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En 1966, Pauli Toivonen remporte le Monté Carlo au volant d’une Citroën DS 21. Ce n’est pas un inconnu, il remporta les 1000 Lacs 1962, année où il décrocha aussi le titre de champion de Finlande. Il connu aussi un sacre européen en 1968. Pauli a eu deux fils, Henri et Harri. Son fils ainé, Henri, né le 25 aout 1956 à Jyväskylä, montra rapidement une grande passion pour le sport auto et des prédispositions au pilotage assez impressionnantes. A 5 ans, le petit Henri conduisait déjà et, rapidement formé à l’école du karting puis des courses sur lacs gelés, le jeune garçon montre un sens de l’équilibre étonnant. Il obtient ses premiers lauriers vers 15 ans puis le jeune homme s’oriente vers le rallye dés le permis en poche. Ses débuts en Finlande sur Simca 1000 Rallye 2 ne passent pas inaperçus mais c’est en passant à la Chrysler Avenger qu’il concrétise enfin un talent assez singulier. Si le garçon apparait discret, attachant, sympathique, son courage et son audace au volant font parfois froid dans le dos. Son style n’appartient à nul autre et cet enfant gâté possède une habileté inhabituelle.
En 1978 il signe un contrat de pilote officiel avec Citroën, à 22 ans ! De quoi se faire remarquer hors de ses forêts au volant d’une CX 2400 Gti. Cette même année, il va aussi remporter ses premières victoires finlandaises avec sa Chrysler puis avec une Talbot Sumbeam. En 1979, cet élève doué fera une vingtaine de rallyes, il apparait de plus en plus souvent hors de ses frontières, au volant de diverses montures et commence à faire parler de lui aux 4 coins de l’Europe.
En 1980, à 24 ans, le nouveau prodige devient le plus jeune pilote officiel de l’histoire du rallye. Il signe chez Talbot pour piloter une des trois Sumbeam Lotus. Ses équipiers sont Russell Brookes et Guy Fréquelin, deux pilotes expérimentés et très rapides. Le jeune météorite fait mieux qu’assumer la comparaison, il acquière aussi de l’expérience et devient même, à 24 ans, le plus jeune vainqueur d’une manche mondiale en remportant le RAC avec 4’36’’ d’avance sur la Ford de Mikkola ! Quand il reste sur la route, personne ne semble capable de suivre ! Cette précocité et ce talent éblouissent la discipline à tel point que dans le monde du rallye il devient celui que tout le monde appelle désormais « le petit prince » !
A l’aube de la saison 1981, le nouveau « Flying Finn » à qui Talbot renouvelle sa confiance, va partir à la découverte de nouvelles épreuves. Et pour commencer un gros morceau l’attend, le plus beau et le plus difficile : le Monté Carlo ! Son équipier, Guy Fréquelin, y a été héroïque en 1975 au volant d’une Alfa GTV Gr1 ( 8ème scratch !) avant de mener épisodiquement le rallye en 1976 au volant d’une Porsche, d’y faire un podium en 1978 avec une R5 Alpine Gr2 et de remporter ce même groupe l’édition suivante ! Mais s’il y a une chose qu’Henri ne supporte pas en rallye, c’est de se faire taper par son équipier.
Le rallye justement, venons-y : Jean Luc Thérier semblait enfin tenir sa première victoire à Monté Carlo mais c’était sans compter sur une poignée de spectateurs criminels qui déposèrent de la neige dans une courbe ! Le normand hors jeu laisse Jean Ragnotti et Jean Marc Andrié s’offrir la couronne. C’est un grand Guy Fréquelin au volant d’une Sumbeam Lotus qui finira à la seconde place dominant son petit prince d’équipier ! L’opel Ascona 400 de Joachim Kleint vient compléter le podium et le pilote Allemand doit un peu cette place aux précieux conseils de son ouvreur, un certain…Walter Rohrl !
Tout le monde sait que Toivonen est très rapide, très fougueux, doué d’un talent fou mais qu’il dépasse parfois les limites de la physique…Et un Monté Carl’ ça se gagne aussi sur la faculté à gérer son effort. Les spectateurs français découvrent la nouvelle pépite finlandaise sur les routes du Monté Carlo et ce dernier subjugue tout le monde par une attaque démentielle, une audace folle et des aptitudes hors - norme ! Comme Walter Rohrl, il utilise chaque centimètre de goudron et ses trajectoires sont tendues à l’extrême mais le finlandais est plus en glisse, toujours en glisse et il semble prendre plus de risques…Le « petit prince », c’est avant tout un style unique : Il freine très tard et d’un coup de volant précis il met sa voiture très en travers très tôt avant la courbe, il garde beaucoup de régime moteur et rentre très fort à la corde puis élargit au maximum sa trajectoire, aux limites de la largeur de la route pour remettre en ligne sa monture le plus rapidement possible, il casse très peu la vitesse et
ré- accélère plus précocement que tous les autres pilotes. Mais en plus d’être incroyablement spectaculaire, son style est fait de gestes mesurés, précis, il ne corrige pas la trajectoire et le coup de volant initial. Son pilotage est à la fois flamboyant, fluide et instinctif. Tout comme Colin Mc Rae plus tard mais dans un autre registre, le pilotage de Toivonen est unique : de l’art !
Il effectue une véritable démonstration de virtuosité et, même si son manque d’expérience sur cette épreuve ne lui permet pas de battre son équipier, il va s’y résigner en signant quelques chronos extraordinaires et ne pas commettre de grosses erreurs. Il décroche la 5ème place, devant Darniche, Alen, Waldegard… C’est la révélation !
Pilote Opel en 1982, le « petit prince » ne dispute pas le Monté Carlo, laissant Rohrl s’exprimer. Cette année 1982, son emploi du temps laissera aussi Henri revenir épisodiquement à ses premiers amours : le circuit ! Gamin très rapide sur un karting, il avait alors envisagé une carrière en circuit mais à cette époque, la F1 était aux antipodes de celle que nous connaissons aujourd’hui et les accidents mortels étaient fréquents…Ses parents l’orientèrent alors vers le rallye !... En 82 donc, Henri fait quelques courses de F3 en Grande Bretagne dans le team d’Eddie Jordan et fit même un test plus que probant au volant d’une March F1. Eddie Jordan, qui en avait vu passer d’autres ( !) dira du Finlandais qu’il avait un talent comparable à celui d’Ayrton Senna !

En 1983, le grand fils de Pauli défie à nouveau les lois de l’équilibre avec une Ascona 400. Son équipier est alors le champion du monde 1981 Ari Vatanen. Toivonen fera quelques chronos ébouriffants, dont un scratch devant la 037 de Rohrl dans Bif. Il domine un Vatanen parfois dépité à la lecture des temps de son encombrant équipier. Une touchette dans Trigance coutera plus de huit minutes à Henri. Sans ça, le podium était accessible…Il devra se contenter de la 6ème place mais, après Thérier et Rohrl, le Monté Carlo semble avoir trouvé un nouveau prince.
Pilote officiel Porsche en 1984, Toivonen fait à nouveau l’impasse sur la classique Monégasque mais il a tapé dans l’œil de Lancia et de Cesare Fiorio qui voit en lui un véritable génie ! Il signe un contrat avec la firme italienne et, au volant d’une 037, monte sur le podium des 1000 lacs. Pauli doit être fier !
Mais c’est le Monté Carlo qui nous intéresse et précisément l’édition 1985, enneigée, verglacée, ses 862 km de spéciales où les nouvelles GrB transmissions intégrales trustent les 5 premières places ! C’est une nouvelle ère, Peugeot et Vatanen font chuter Rohrl et Audi de leur piédestal mais lors de cette 53ème édition, outre la victoire historique de la 205T16, il est à noter que la première 2 roues motrices est la 037 d’Henri Toivonen, 6ème scratch avec… 26 minutes d’avance (!) sur la seconde propulsion, la R5 Turbo de Dany Snobeck… Le diamant finlandais réussi même 3 temps scratch d’anthologie !!
Un peu plus tard dans la saison, Henri connaitra un crash effrayant lors du Costa Smeralda. Hôpital, rééducation…Désormais il devra composer et accepté de vivre avec des séquelles et la douleur. On dit que le finlandais est affecté psychologiquement mais il apporte la plus belle réponse au RAC en découvrant la nouvelle Delta S4. Il remporte le rallye devant son équipier Alen. Voici prévenus ses adversaires : en 86, l’homme à battre possède le « sisu » et se nomme Toivonen.
Monté Carlo 1986 : 880 Km de chronos. Le grenoblois Bruno Saby fait des merveilles sur ces routes chargées d’histoire qu’il avait découvert en 1978 avec une minuscule Autobianchi A112. Au volant d’une monstrueuse 205 T16 E2 officielle, Bruno démontre qu’il a bien sa place à ce niveau ! Les 5 scratchs qu’il réalise le prouvent et puis surtout, surtout, sa magistrale démonstration en Ardèche est à classer au « patrimoine mondial » de la discipline avec ce record dans Burzet - Burzet ( 25min34) qui tient toujours…et pour longtemps encore !
Bruno aurait pu être le héros du rallye mais…au volant de la Delta S4, le "petit Prince" a écrasé la course de son talent. Il débute bien avant d’écraser ses adversaires dans l’ES 6 du côté de St Pierre de Chartreuse. En 44km, « l’as des as » inflige 32’’ à son équipier Biasion, 34’’ à Saby et plus d’une minute à la Quattro S1 de Rorhl ! Il continue de dominer l’étape commune même si Rohrl, comme à son habitude, est intouchable dans son jardin du Moulinon puis dans La Souche - Col du Pendu. A Grospierres, Henri possède 1’41’’ d’avance sur Rohrl. Après Burzet, sur le routier, Henri tape de plein fouet une voiture venant en sens inverse. Le finlandais n’est pour rien dans l’accident mais le châssis de la Lancia est tordu ! Henri, lui, s’en sort avec un fémur luxé alors que Sergio Cresto, son équipier, souffre d’un genou. Les mécanos feront le maximum pour réparer et redresser mais le pilote devra désormais composer avec un châssis plié et …des piqures d’anesthésiant dans les 23 spéciales restantes ! Et il a perdu 1min40... Ces « liaisons dangereuses » n’arrêtent pas la marche en avant du finlandais volant, pas plus que les 1min30 perdues sur crevaison…Déterminé, serein même, il remporte 13 scratchs et la course avec… 4min04 d'avance sur la Peugeot de Salonen ! A 7min22 la Quattro S1 de Mikkola complète un podium qui semblait promis à Rohrl et Saby qui connurent diverses fortunes.
De toutes les éditions, c’est celle qui demeure la plus présente dans ma mémoire, je ressens encore des frissons quand je repense aux chronos de Toivonen qui tombaient en direct sur les antennes de RMC. Des chronos comme des sanctions, comme une fatalité, une évidence… Des chronos comme autant de coups de massue portées sur le casque de ses adversaires, dépités, impuissants, fatalistes face au « feu sacré » qui semble transcender le nouveau maitre du Monté Carlo ! Exploit unique et incomparable!
Il s'impose à Monaco 20 ans pile après son père! Pauli peut être fier.
A Monté Carlo, nul autre pilote n’avait fait aussi forte impression mis à part Walter Rohrl et
il semblait que nous assistions alors à une passation de pouvoir entre le maître Walter, vainqueur à 4 reprises du Monté Carlo au volant de 4 montures différentes et le nouveau génie du pilotage !
Quelques mois plus tard, Henri et son équipier Sergio Cresto sortent de la route alors qu’ils écrasaient le Tour de Corse. Un an après l’accident mortel d’Attilio Bettega, jour pour jour, au même endroit, le petit Prince du rallye et son copilote perdent la vie. A partir de ce 2 mai 1986, pour moi et pour beaucoup d’autres, tout sera différent. Une période d’insouciance et de folie se terminait. Une époque bénie. Les plus belles pages de la légende du rallye seraient désormais derrière nous. Le rallye avait perdu son « petit prince » et nous celui qui attisait la flamme de notre passion, un modèle, un héros, une étoile !
Avec sa disparition, la légende du petit prince est née. Henri reste présent dans ma mémoire, par ses exploits, sa simplicité, sa générosité, sa passion, son engagement total et exclusif. Il est inoubliable, irremplaçable ! Plus de 30 ans plus tard, l’étoile filante brille toujours !
Il est une de ses déclarations qui résume parfaitement, à mon avis, sa personnalité: « …je devrais me contenter de piloter à 95% de mes possibilités. Je réalise très bien ce genre de chose…quand je ne suis pas dans un baquet ! »

Jeff Boulet

  Re: Les 7 merveilles du Monte’ (3 /7) : 1981, Henri Toivonen « au nom du fils »
Auteur :Hors Ligne big horn (---.w86-234.abo.wanadoo.fr)
Date :   11-01-18 20:14
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l epoque talbot lotus,,,,,,,que du bonheur
merci mr jeff

  Re: Les 7 merveilles du Monte’ (3 /7) : 1981, Henri Toivonen « au nom du fils »
Auteur :Hors Ligne flatsi (---.w80-9.abo.wanadoo.fr)
Date :   12-01-18 10:29
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Dur de causer apres ca
Je retiendrais le passage ou sa technique de pilotage est evoquee
La quintessence , plus qu un prince , un roi

  Re: Les 7 merveilles du Monte’ (3 /7) : 1981, Henri Toivonen « au nom du fils »
Auteur :Hors Ligne marcolito (---.w82-127.abo.wanadoo.f)
Date :   15-01-18 13:35
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Dommage que le destin nous est privé de ce pilote fabuleux pour qui j'ai admiration sans faille. Il serait surement devenu un des plus couronné sans cette foutue grippe et ses conséquences.
Une petite précision quand même, tu dis :
" Un an après l’accident mortel d’Attilio Bettega, jour pour jour, au même endroit,"
C'est bien sur le même rallye mais pas du tout dans le m^me spéciale.

  Re: Les 7 merveilles du Monte’ (3 /7) : 1981, Henri Toivonen « au nom du fils »
Auteur :Hors Ligne JEANFRAN (---.w92-171.abo.wanadoo.fr)
Date :   15-01-18 19:59
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Oui tu as raison, il y avait cette foutue grippe, la fièvre...En plus des douleurs dorsales...Quand je dis au même endroit je veux dire : En Corse...je me suis mal exprimé!

Jeff

  Re: Les 7 merveilles du Monte’ (3 /7) : 1981, Henri Toivonen « au nom du fils »
Auteur :Hors Ligne Tom14 (---.fbxo.proxad.net)
Date :   11-05-18 03:10
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Très beau texte hommage à ce super pilote parti trop tôt alors qu'il pouvait aligner encore beaucoup de titres

 
 
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